Christine Gouze-Rénal
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Christine Gouze-Rénal est une productrice et résistante française, née le 30 décembre 1914 à Mouchard (Jura) et morte le 25 octobre 2002 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).
Elle a été la première femme française dans la production de films pour le cinéma, dès les années 1950, et pour la télévision à partir des années 1970.
Contents
• Cinéma
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Biographie
De son vrai nom Madeleine Gouzecite-ref-0-1-0[1], elle est la fille aînée d'un couple d'enseignants, Antoine Gouze, principal de collège, et Renée Flachotcite-ref-who-2-0[2], membres de la Résistance pendant l'Occupation allemande.
Après avoir obtenu une licence d'histoire de l'art, elle entre au conservatoire de musique de Paris. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle travaille au ministère du Travail et devient ensuite la secrétaire particulière de Louis-Émile Galey, directeur de l'Office du cinéma. Elle mène, parallèlement, une activité clandestine dans la Résistance sous le nom de Christine Rénal, pseudonyme qu'elle conservera tout au long de sa carrière cinématographiquecite-ref-3[3]cite-ref-lm2002-4-0[4]. À la fin de la guerre, elle devient chef du secrétariat particulier d'Henri Frenay et François Mitterrand, son beau-frère depuis qu'en 1944 il a épousé sa sœur cadette Danielle, avant de devenir chargée de mission en Amérique latine. Elle a été aussi codirectrice de l'Institut des hautes études cinématographiquescite-ref-lm2002-4-1[4], fondé en 1943 par Marcel L'Herbier.
À son retour au début des années 1950, elle abandonne sa carrière administrative et se consacre au cinéma. En 1956, elle fonde sa société de production, Progefi, et devient la première productrice de cinéma en Francecite-ref-lm2002-4-2[4]cite-ref-libe2002-5-0[5]. Elle produit des films dans lesquels joue Brigitte Bardot (La mariée est trop belle, Vie privée, La Femme et le Pantin…) et travaille avec de nombreux réalisateurs, tels que Jean Valère (La Sentence), Henri Verneuil (L'Affaire d'une nuit), Jean Delannoy (Les Amitiés particulières), Claude Chabrol (Le Tigre aime la chair fraîche, Le Tigre se parfume à la dynamite), Édouard Molinaro (Les Aveux les plus doux, L'Ironie du sort) et Jacques Demy (Une chambre en ville). Elle produit au cours de sa carrière, une cinquantaine de films au cinéma.
Le 4 août 1959, elle épouse l'acteur Roger Hanincite-ref-who-2-1[2] dont elle produit plusieurs filmscite-ref-lm2002-4-3[4] : Le Protecteur, La Rumba et Train d'enfer.
À partir des années 1970, elle commence à coproduire pour la télévisioncite-ref-lm2002-4-4[4]. Comme elle l'a fait pour ses films, elle joue la carte de la qualité et amène sur le petit écran des réalisateurs comme Claude Chabrol ou Édouard Molinaro. Elle adapte les œuvres de Colette avec la série des Claudine (Claudine en ménage et Claudine s'en va)cite-ref-lm2002-4-5[4], Émile Zola, Stendhal, Maupassantcite-ref-lm2002-4-6[4], Balzaccite-ref-lm2002-4-7[4], Zweigcite-ref-lm2002-4-8[4], Sagan… Son travail de production à la télévision part du constat qu'au début des années 1970, « 70 % des spectateurs restent devant le petit écran pour voir des films » et qu'« à moins de 500 000 entrées en salles, on ne peut pas couvrir les frais »cite-ref-lm2002-4-9[4]. Elle produit aussi en 1979 une série remarquée de treize épisodes signés, entre autres, Claude Chabrol et Claude Lallemand, consacrée à des portraits de grands musicienscite-ref-lm2002-4-10[4] (Sergueï Rachmaninov, Camille Saint-Saëns, Franz Liszt…).
La qualité de son travail lui vaut de recevoir, en 1985, un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrièrecite-ref-lm2002-4-11[4] placée sous le signe de la défense et de la promotion des films au cinéma et à la télévision. En tant que première femme productrice française, elle était surnommée « Madame le producteur », au masculin, pour mieux revendiquer sa place.
Membre fondatrice de la société Unifrance, elle a été une des rares productrices à avoir « marié » le cinéma et la télévision, comme le montre le succès du téléfilm La Confusion des sentiments d'après Stefan Zweig, diffusé en 1981 (12 millions de téléspectateurs), avant d'être projeté au cinéma[à vérifier]cite-ref-lm2002-4-12[4].
Elle meurt le 25 octobre 2002cite-ref-libe2002-5-1[5] à Neuilly-sur-Seinecite-ref-0-1-1[1]. Elle est enterrée au cimetière de Cluny dans une tombe en pierre de Bourgogne où sa sœur Danielle l'a rejointe en 2011cite-ref-7[7].
Filmographie
Cinéma
• 1959 : La Femme et le Pantin de Julien Duvivier
• 1959 : L'Affaire d'une nuit d'Henri Verneuil
• 1964 : Le Tigre aime la chair fraîche de Claude Chabrol
• 1965 : Le Tigre se parfume à la dynamite de Claude Chabrol
• 1974 : L'Ironie du sort d'Édouard Molinaro
• 1985 : Train d'enfer de Roger Hanin
Télévision
• 1979 : La Pitié dangereuse d'Édouard Molinaro, d'après le roman de Stefan Zweig
• 1981 : Au bon beurre d'Édouard Molinaro
• 1981 : La Confusion des sentiments d'Étienne Périer, d'après le roman de Stefan Zweig
• 1993 : La Vérité en face d'Étienne Périer
• 1994 : La Marche de Radetzky réalisée par Axel Corti et Gernot Roll d'après le roman de Joseph Roth
• 2001 : L'Île bleue de Nadine Trintignant
Notes et références
cite-note-who-22. 1992Who’s Who in France : dictionnaire biographique, Éditions Jacques Lafitte, 1992.
cite-note-33. ↑ Julie Montagard et Michel Picar, Danièle Mitterrand, portrait, éd. Ramsey, Paris, 1982.
cite-note-lm2002-44. frodon2002jean-michel-frodon2002Jean-Michel Frodon, « Christine Gouze-Rénal », Le Monde, 27 octobre 2002
cite-note-libe2002-55. lefort2002g-rard-lefort2002Gérard Lefort, « Mort de Christine Gouze-Rénal », Libération, 28 octobre 2002 (lire en ligne)
cite-note-66. ↑ 1989« Présentation des membres du jury », Institut national de l'audiovisuel, 11 mai 1989 (lire en ligne)
cite-note-77. ↑ « CLUNY (71) : cimetière - Cimetières de France et d'ailleurs », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 12 juin 2023)
Liens externes
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